Maman, je veux pas mourir moi

J’avais en tête de proposer un voire deux petits sujets rigolos aujourd’hui… Mais non, je ne peux pas. Parce que depuis que je suis rentrée de l’école, mes yeux brillent et pas de joie.

Que dire, qu’écrire face à l’innommable, face à l’incompréhensible, face à l’horreur absolue ? Je ne sais pas…

Comment en parler à nos enfants ? De nous-mêmes, nous avions choisi de ne pas évoquer le sujet devant notre fils de 7 ans : je ne veux pas lui mettre en tête que les enfants peuvent être des cibles, qu’à certains moments, les parents ne peuvent pas protéger leurs enfants.  Je ne veux pas qu’il ait peur. Je veux le préserver, respecter son innocence et son monde d’enfants.

D’un autre côté, même s’il ne regarde pas les infos, il ne vit pas dans une bulle : la cour de récré, les copains, les conversations captées à demi mots lui auraient parlé de ce drame inouïe, impensable.

Alors lorsqu’on a appris qu’une minute de silence serait respectée dans les écoles, nous avons préféré aborder le sujet. Nous avons dit qu’il s’agissait d’un fou mais a priori, c’était une erreur d’après ce que j’ai lu hier soir. Il faudrait dire que c’est une personne méchante qui a fait quelque chose de très mal. Mais haïr à ce point, c’est bien être fou non ?

Sa réaction a été immédiate, sa tristesse profonde. Puis quelques mots : « mais maman je veux pas mourir moi . C’est loin Toulouse, il peut venir ici le tueur ? ». Et la peur qui l’a accompagnée sur le chemin du sommeil. Dur de le rassurer, de lui expliquer que cet homme (mais qu’est-ce qui fait l’humanité ?) sera arrêté et jugé.

Oui c’est loin Toulouse de notre village, mon grand, mais c’est tellement près dans nos cœurs…

Je vous invite à lire d’autres billets qui m’ont touché et font réfléchir

Parents testeurs : Une minute de silence à l’école

E-zabel : Maman je veux pas être mort

Mes doudous et cie : Préserver nos enfants

La mite orange : le jour d ‘après

La mare aux mots : et si on reparlait de la mort

3 réponses à to “Maman, je veux pas mourir moi”

  • Très bel article.
    Là où il faut faire attention c’est que fou n’est pas égal à méchant.
    La folie c’est une maladie, une personne folle est une personne qui souffre. Alors bien-sûr là c’est assez difficile de dire « oh le pauvre tueur, il souffre », c’est évident ! Mais je veux dire que c’est un malade, un malade qu’il faut enfermer. Mais si ma grand mère a alzeihmer elle est « folle », ça n’en fait pas une méchante. La folie nous guette tous…

    • Merci. En fait, tu as tout à fait raison. L’article que j’ai lu hier soir après avoir dit à mon fils que cet homme est un fou expliquait en effet qu’il ne fallait pas utiliser ce terme car les enfants pourraient avoir peur des « vrais » fous, les malades mentaux. Et je suis d’accord avec toi, les fous ne sont pas plus méchants que ceux qui ne sont pas fous. Mais le mot était lâché et je ne voulais pas revenir dessus encore ce matin… Et toute cette barbarie est tellement loin du rationnel…

  • Je ne suis pas encore confrontée au pb (mon fils n’a pas encore 3 ans) et ce sont des questions qu’il ne se pose pas encore mais un jour je devrais y faire face !! Pas facile ! La vie, la mort, les méchants et les gentils…on aimerait qu’ils profitent le plus possible de leur innocence !

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